Les togolais observent ce mercredi 1er juin 2016, la 39ème édition de la journée nationale de l’arbre. Dans un message à la veille de cette célébration, le ministre de l’environnement et des ressources forestières, André Johnson invite ses concitoyens à mettre en application le slogan ‘’ un Togolais, un bosquet’’. (Lire l’intégralité du discours)

 

Mesdames et Messieurs ;

Chers compatriotes ;

Je m’en voudrais, si à cette occasion aucun regard rétrospectif n’est fait de nos actions dans le domaine du reboisement au Togo.

En effet,  la problématique du reboisement fait partie intégrante développement forestier qui en lui-même est une longue et grande histoire.

La première partie de cette histoire débute en 1884 et se termine en 1914, époque où le gouverneur Von Zéch fit élaborer et exécuter un programme de protection de la nature et du développement forestier qui vise à reboiser les zones non habitées. Les plus importants résultats répertoriés sont, entre autres :

  • la création de la première forêt classée du Togo. actuelle parc Fazao
    Malfakassa dans le cercle de Sokodé ;
  • l’installation des jardins botaniques expérimentaux dont celui de Zébé
    pour disposer des informations scientifiques et techniques sur certaines
    essences forestières ;
  • l’introduction du teck au Togo en 1901.

Après la première guerre mondiale, les activités ont repris avec la création des services agricoles qui ont pris en charge les activités de reboisement à partir de 1926. A cette seconde phase :

  • de nombreux périmètres de reboisement furent créés dont les plus
    importants sont à Blitta, Amoutchou et Koussountou.
  • de nombreuses plantations dites villageoises  autour des marchés,
    cimetières, écoles et des plantations de bordure des routes furent mises
    en place.

L’ODEF né en 1971 a repris en main les plantations de l’état avec des grands projets comme AFRI (Aménagement Forestier et Reboisement Industriel) et d’autres encore avec l’appui des partenaires comme le PNUD, la FAO, l’OIBT etc…

En 1976 suite à d’importantes réformes au sein du ministère du développement rural, la Direction des Productions Forestières (DPF) naquit et marqua une nouvelle phase en matière de foresterie villageoise au Togo.

Un an plus tard, en 1977, fut instaurée la Journée Nationale de l’Arbre par le Père de la nation, Feu Président Général GNASSINGBE Eyadema.

Cette année a marqué un véritable tournant dans la vulgarisation forestière au Togo et constitue une volonté manifeste de l’état de reforester notre pays. En instituant cette journée, les autorités d’alors souhaitaient atteindre un résultat concret, celui de voir dans l’avenir le Togo, pays géographiquement non forestier en comparaison avec d’autres pays de la sous-région (Guinée, Côte d’Ivoire, Ghana et le Nigeria), étendre sa couverture forestière et d’améliorer son potentiel ligneux.

Pour cette année 2016, cette journée est à sa 39e édition. Le thème retenu est : «Forêt et Communauté». Ce thème s’inscrit dans le prolongement de la célébration des autres journées mondiales en matière d’environnement.

En effet, la journée internationale de la biodiversité s’est inscrite dans le thème «Intégrer la biodiversité pour le maintien des populations et de leurs moyens de subsistance». La journée mondiale de la lutte contre la désertification s’est inscrite sur le thème «Protégeons la planète ; Restaurons les terres ; Mobilisons-nous».

Mesdames et Messieurs ;

Après une quarantaine d’année d’organisation de la Journée de l’Arbre dans notre pays, il s’avère nécessaire de faire une évaluation des actions menées.

Vous convenez avec moi, que pour autant que l’institution de la journée de l’arbre ait créé un engouement pour la plantation des arbres fruitiers, forestiers et ornementaux, les résultats attendus n’ont été que partiellement atteint.

En effet, le taux de reboisement annuel qui était de l’ordre de 1.000 ha dans les années 1980 est passé à 2.000 ha en 2010 témoignant de la volonté politique et de l’engouement des populations pour le reboisement.

En dépit des atouts dont dispose le Togo pour le développement de la forêt, tous ces résultats quoi qu’encourageants, restent bien en deçà des ambitions nationales de reboiser au moins 5.000 ha par an.

A ce jour, on estime à 47 000 hectares les superficies plantées en majorité en teck, eucalyptus, cassia, khaya sous forme de plantations étatiques, privées, communautaires et scolaires ; contre un recul annuel d’environ 15 000 hectares de forêt.

Cette situation nationale des forêts montre que le reboisement dans notre pays ne compenserait pas encore les pertes.» Or, la faiblesse du reboisement conjuguée à la déforestation, a des impacts négatifs considérables sur notre cadre de vie et surtout pour les populations rurales qui dépendent fortement des ressources forestières ligneuses et non ligneuses.

En d’autres termes, le reboisement dans notre pays n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière, devant nous permettre d’atteindre la vision de notre politique forestière qui est celle de porter la couverture forestière nationale de 7 % actuellement à 20 % à l’horizon 2035.

Permettez que je rappelle ici d’autres utilités écologiques de la forêt. Les rôles les plus importants tels que la protection des sols et des bassins versants, la création de microclimats, la régulation du régime des eaux, la contribution au cycle du carbone et de l’eau, la conservation de la diversité biologique, sont des exemples parmi tant d’autres.

Aussi, les forêts fournissent-elles plusieurs types de produits tels que les fruits, racines, écorces, gibier, bois de sciages, charbons de bois, bois de chauffage, ainsi que des plantes médicinales, gommes, graines utiles etc..

Mesdames et Messieurs ;

Selon le rapport mondial sur les forêts, de 2014, publié par la FAO, la contribution des forêts à la lutte contre l’insécurité alimentaire dans le monde est inestimable.

Ce rapport indique que le secteur forestier formel emploie 13,2 millions de personnes dans le monde tandis que 14 millions de personnes supplémentaires y travaillent de façon informelle.

Au Togo, les documents de planification du secteur forestier ont relevé, à suffisance, l’importance socio-économique et écologique des forêts.

C’est donc fort conscient de toutes ces réalités que le Gouvernement a inscrit la gestion durable des forêts dans ses priorités au niveau national.

En effet, les priorités du gouvernement en matière de développement du secteur forestier sont déclinées dans le Programme National d’Investissement pour l’Environnement et les Ressources Naturelles (PNIERN) et dans le Plan d’Action Forestier National (PAFN).

L’ensemble des priorités contenues dans ces différents documents de planification du secteur ont été intégrées dans la Stratégie de Croissance Accélérée et de Promotion de l’Emploi (SCAPE), en 2013 et dans le document du Cadre de Programmation par Pays (CPP-Togo), signé entre Gouvernement et la FAO en juin 2013.

Les principales actions engagées par le gouvernement dont l’objectif stratégique est d’améliorer le développement forestier, sont :

  • la réduction des pressions humaines sur les ressources forestières ;
  • la conservation et la valorisation de la diversité biologique ;
  • la gestion des feux de végétation ;
  • la conservation des forêts existantes ;
  • et un accent particulier sur le reboisement.
  • Dans cette perspective, les résultats obtenus au cours des cinq dernières années sont :

o  l’aménagement de plus de 2 900 ha de forêt;

o  la protection de plus de 20 700ha de forêt ;

o  le reboisement de plus de 10 600 ha;

o  la production de plus de 4 160 000 plants ;

o  les plantations linéaires de 60 km ;

o  l’entretien de plus de 6000 ha de forêts.

Il est important de noter que, ces résultats ont été atteints grâce à l’engagement politique du Gouvernement impulsé par le Chef de l’Etat son Excellence Monsieur Faure ESSOZIMNA GNASSINGBE.

Toutefois, malgré cette volonté politique, les défis sont encore énormes face au recul continu du couvert forestier dû à la pression anthropique et aux impacts négatifs des changements climatiques.

Face à ces défis majeurs, nous devons changer de façon radicale certaines de nos habitudes à travers les campagnes de sensibilisation dans nos écoles, la lutte contre les feux de végétation, la pratique de l’agroforesterie avec des plantes fertilisantes, l’adoption des foyers améliorés dans les familles, l’utilisation du gaz butane, la lutte contre les coupes frauduleuses dans nos forêts et l’accroissement du reboisement au plan national.

Au regard de toutes les menaces pesant sur nos forêts, il est urgent de focaliser notre attention sur le slogan « Un togolais un bosquet » au lieu de «Un togolais un arbre». A cet effet, j’invite tous les Togolais à planter un bosquet chaque année.

Cette action sera davantage renforcée lorsque le Programme National du Reboisement au Togo (PNR) en cours de formulation, depuis bientôt un an, connaitra une mise en œuvre avec la participation effective des acteurs et des partenaires techniques et financiers et surtout l’adhésion des communautés locales.

Pour finir mes propos, je tiens à féliciter nos compatriotes, les personnes âgées, les jeunes, les femmes et les hommes qui ont fait de la production des plants des activités économiques appréciées. J’exhorte tout le peuple entier à les encourager et à les accompagner, à mettre en terre ces jeunes plants et surtout à les entretenir.

Mes félicitations vont également à tous les planteurs privés, aux ONG et ; société civile qui se sont engagés dans le processus de reboisement.

Je voudrais tout de même, renouveler mes sincères remerciements et ceux du Gouvernement togolais à tous les partenaires techniques et financier i accompagnent le Togo dans ce processus assez prometteur pour notre pays et témoigner ma reconnaissance et la gratitude du Gouvernement à la Coopération Allemande, à la Banque Mondiale, au Programma s Nations Unies pour le Développement (PNUD), à l’Union Européenne qui accompagnent le Ministère de l’environnement et des ressource forestières dans la promotion et la gestion forestière.

Mesdames, Messieurs,

Chers compatriotes c’est à travers des actes en faveur du reboisement et surtout notre engagement que nous pourrons atteindre l’autosuffisance en produits forestiers ligneux tout en conservant notre environnement pour les générations présentes et futures.

C’est sur cette note d’espoir que je souhaite plein succès à la journée nationale de l’arbre et à la campagne nationale de reboisement 2016.

Je vous remercie.