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Echos du palais du 20/ 02/2010
Le 18 juin 1999, vers 3heures du matin, le nommé Bakoula, militaire en activité, se rend au domicile de dame Matilde situé à Agoè. Muni d’un poignard et d’un pilon, il frappe trois fois à la porte de la chambre ou celle-ci dort avec deux de ses filles. Dame Matilde demande au visiteur nocturne de s’identifier. Bakoula décline son identité car il est bien connu de la famille.

La dame va alors lui ouvrir la porte. A peine la porte était-elle ouverte que la dame Matilde reçut un coup de pilon sur la tête et trois coups de poignard au cou et à l’abdomen. Bakoula s’introduit ensuite dans la chambre et d’un air furieux, arme au poing, il demande aux deux filles qui dormaient avec leur maman de lui indiquer la chambre de leur sœur, la nommée Florence.

Alors qu’il n’avait pas encore reçu de réponse à sa demande, il entendait une porte de la maison s’ouvrir. Il prit alors la fuite à travers les champs de maïs. Dame Matilde qui se dirigeait vers la chambre ou dormait sa fille aînée florence pour la prévenir du danger, s’écroula à mi-chemin entre sa chambre et celle de sa fille. Elle rendit l’âme avant d’être évacuée à l’hôpital.

Le service de renseignements et d’investigations de la gendarmerie est saisi et une enquête est immédiatement ouverte. Le sieur Bakoula est interpellé quelques jours plus tard. En enquête préliminaire, il nia toute implication dans le meurtre de dame Matilde, tout en reconnaissant qu’il y avait un différend entre la victime, ses enfants et lui.

Mais devant le magistrat instructeur, il devait finir par reconnaître les faits. Il déclare avoir été locataire dans la maison de la victime et avoir entretenu des relations intimes avec florence la fille aînée de cette dernière. Leurs relations ont duré trois mois durant lesquels ils ont eu trois rapports sexuels.

A partir de là, il commença par avoir des ennuis de santé et soupçonna Florence de lui avoir transmis le virus du sida. Lorsqu’il l’interpella pour savoir si elle n’était pas porteuse de virus du sida, Florence le convoqua devant sa mère qui lui tint des propos déplacés. A cela s’ajoutaient des mésententes relatives aux arriérés de loyers. Il a alors quitté la maison, mais son état de santé ne s’améliorait pas, malgré les soins qu’il alla se faire prodiguer au village. C’est ainsi qu’il prit la décision d’aller s’expliquer au poignard avec la fille de la victime.

Interrogé par le juge instructeur quant à savoir s’il avait fait le test du sida pour s’assurer qu’il avait effectivement le virus, Bakoula a répondu par la négative.
Examiné du point de vue mental, il ressort du rapport médico-psycologique dressé en 2006 qu’il s’agit d’un jeune homme à tendance schizophrénique et spéculateur dont le comportement nécessite un séjour dans un centre psychiatrique. Cependant le rapport d’expertise médial au moment des faits n’a signalé aucune maladie cliniquement décelable; c’est pourquoi le sieur Bakoula a été mis en accusation et renvoyé devant la cour d’assises de Lomé.

Comparu devant cette cour en Décembre 2008, il a été condamné à la réclusion criminelle perpétuelle pour homicide volontaire.
Nous lui rappelons, du fond de sa cellule, que seul un test médical permet de savoir si on est atteint du virus du sida ou pas.

Portez-vous bien et à Samedi prochain

Germain N’DAAM
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