La cinquième  réunion annuelle et de concertation des ministres en charge de la sécurité et des frontières du Conseil de l’Entente s’est tenue le vendredi  04 septembre  2020 à  Lomé. La rencontre est placée sous le «Investir dans les espaces frontaliers pour prévenir le risque sécuritaire grandissant dans les pays membres du conseil de l’Entente». 

La réunion a été présidée par le Gal de brigade Damehane Yark, ministre en charge de la sécurité au Togo. Il était entouré du Dr Patrice Kouamé secrétaire exécutif du Conseil de l’entente et Payadouwa Boukpessi ministre en charge de l’administration territoriale au Togo.  

Ils sont une centaine de participants, dont les ministres et délégations, venus des cinq (05) pays (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Niger et le Togo) membres du Conseil de l’entente à se réunir, en vue de valider les résultats de la réunion des experts depuis lundi; et aboutir à des recommandations sur le renforcement de la sécurité au niveau des frontières de ces pays.

La rencontre a permis de statuer sur « le projet de gestion intégrée des espaces frontaliers» basé sur l’expérience du Bénin et faire des recommandations à la Conférence des Chefs d’Etat de l’Entente pour validation. Il s’agira à terme de parvenir à des espaces sécurisés, de paix, de coopération transfrontalière et de développement au sein  du conseil de l’entente et les pays frontaliers.

La réunion a examiné entre autres les résultats de la recherche sur les ressources humaines, moyens opérationnels et financier des groupes extrémistes violents au Sahel et implications pour les pays côtiers; et le diagnostic sur les frontières de l’espace Entente; avant de prendre connaissance du Programme de gestion intégrée des espaces frontaliers du conseil de l’entente (ProGIEF-CE).

Les ministres ont à cet effet, félicité le secrétariat exécutif du conseil pour l’initiative dudit projet de 12 milliards de FCFA sur 5 ans. Ils ont recommandé l’organisation d’une table ronde des partenaires techniques et financiers pour la mobilisation de ces ressources.

Les Etats membres du conseil de l’entente sont appelés à s’investir dans la gestion des espaces frontaliers et de définir une nouvelle approche sécuritaire basée sur l’élaboration de politiques nationales de développement des espaces frontaliers.

Les ministres se sont, par ailleurs, préoccupés de la crise sanitaire de la Covid-19 qui impact les domaines économiques, social et sécuritaire des Etats membres, et ont salué les mesures prise par les gouvernements pour juguler la pandémie; avant de réaffirmer leur vive préoccupation face à la menace terroriste dans l’espace Entente et renouvèlent leur soutien aux gouvernements et aux peuples du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire et du Niger en proie à la violence extrémiste.

Pour le ministre Damahane Yark,  « la persistance des actes terroristes et la montée des groupes extrémistes violents est une conséquence »…«de la porosité de nos frontières, la circulation anarchique des armes légères et de petit calibre et l’absence des pouvoirs publics dans les zones frontalières.». Le thème choisi cette année, selon lui est un grand intérêt pour les Etats et l’organisation.

La mise en œuvre des différentes recommandations permettra de faire des zones frontalières de véritables espaces de développement durable et de bon voisinage avec les pays limitrophes, espaces où les conditions des populations sont nettement améliorées.

Pour rappel plusieurs opérations conjointes de sécurisation des zones frontalières entre le Bénin, Burkina Faso, le Ghana et le Togo ont été organisée en 2016, 2017 et 2019. Ces opérations ont permis d’enregistrer des résultats encourageants qui méritent d’être soutenus.